Dans le cadre du nouveau programme de 3ème, j’ai essayé de traiter le fait régional (P1/th3) au travers des études de cas que l’on doit aborder concernant les espaces productifs (P2/th1).
Concernant les espaces à dominante industrielle, j’ai choisi de partir de la filière « énergie » dans le Cotentin. D’aucuns se seraient attendus à voir l’expression « filière nucléaire » fleurir à l’évocation de la magnifique pointe de la Hague et de la rade de Cherbourg. Si le sous-marin atomique ne fait plus guère fortune ici, le nucléaire se porte en effet à merveille avec le chantier de l’EPR de Flamanville, sa centrale encore en activité et l’usine de traitement de déchets d’Areva à la Hague. Mais il est un fait moins connu : les collectivités locales et les mastodontes de l’énergie dans le monde (Alstom, EDF … et même Areva) se piquent de faire de notre presqu’île le paradis des ERM (énergies renouvelables marines), notamment grâce aux hydroliennes que le Raz Blanchard pourrait accueillir rapidement.
Séance 1 : étude de cas « la filière énergie dans le Cotentin »
Ce sont ces deux filières, plus complémentaires que concurrentes ici, que j’ai essayé de présenter à mes classes de 3ème.
Objectifs
- Elles permettent de présenter la pluralité des acteurs : groupes mondiaux (Areva, Alstom …), PME locales mais compétitives, collectivités territoriales, laboratoires de recherche et orgabismes de formation …
- Les jeux d’échelle sont particulièrement perceptibles : les grands groupes agissent à l’échelle de la planète ; les deux filières sont un enjeu fort de l’indépendance énergétique nationale ; dans le Cotentin, 10 000 emplois dépendent de la filière nucléaire.
- On observe aussi comment une filière se structure. Même si l’organisation a été tardive dans la région – fait assez caractéristique des Normands -, le nucléaire s’est structuré en technopôle autour de Cherbourg et l’association Nucléopolis qui regroupe le nucléaire électrique et médical (celui-ci davantage sur Caen) ressemble à une tentative pour organiser un cluster industriel, voire un nouveau pôle de compétitivité dans la région. Pour les ERM, les collectivités teritoriales sont en tête de pont de la filière : elles ont pris soin d’organiser une SPL « West Normandy Energy Marine » pour fédérer les acteurs du secteur et se montrer active sur un marché très concurrentiel.
- La transition et les permanences d’une filière à l’autre ont aussi l’intérêt de présenter quelques facteurs de localisation des industries : la présence d’un tissu industriel et de recherche (savoir-faire, formation …), la logistique et les infrastructures portuaires … On est loin des aménités « bo-bo » (cadre verdoyant, héliotropisme …) que les manuels de géographie de 3ème (et des professeurs déconnectés du monde du travail) nous présentent comme atouts premiers de localisation.
- Enfin, dans chaque étude de cas, j’ai inséré un document d’opposa,ts aux deux filières … ce qui amène fortement à nuancer la prétendue notion de développement durable.
Organisation
- La classe est divisée en deux parties : l’une traite du nucléaire, l’autre des ERM. La tâche finale sera de présenter oralement aux autres leur filière (on pourrait imaginer un jeu de rôle autour des filières à défendre, mais le risque serait de perdre de vue leur complémentarité).
- En une heure, ils visionnent les vidéos, lisent les textes et répondent aux questions. Par retour d’expérience, privilégiez si possible de monopoliser deux salles avec VP plutôt qu’une salle informatique : cela permet de passer d’un groupe à l’autre, d’apporter des explications générales et ainsi mobiliser tous les élèves.
- Pour le passage oral, je fais relever par les élèves de l’autre groupe les mots-clés qu’ils ont entendu sur la filière.
- On termine alors par une question finale qui élargit l’étude de cas : où se localise une industrie ?
Séance 2 : Mise en perspective à l’échelle régionale et nationale
La suite de la séance consiste à élargir l’étude de cas au tissu industriel bas-normand, puis au tissu national
- À partir de la Basse-Normandie, on retrouve les caractéristiques de l’espace industriel français : dynamisme des métropoles, des technopôles, des IAA et littoralisation de l’industrie ; difficulté des secteurs traditionnels et du tissu industriel ancien en milieu diffus.
- Les données relevées permettent de compléter une partie du croquis régional de la Basse-Normandie. Suivant le temps dont on dispose, on peut aussi se contenter de projeter ces éléments et consacrer une séance finale au croquis régional.
- La carte de l’espace industriel français est alors une mise en perspective à l’échelle nationale des constats.
- La trace écrite est donnée.
Dans un premier temps, découvrez Siméon Ravenel et son fils Gaud Louis et une recherche de vocabulaire du XVIIIè s.
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